TEST – Assassin’s Creed Odyssey – Un voyage en Grèce envoûtant et généreux !



Après l’épisode Origins qui a marqué un tournant dans la série, Assassin’s Creed est de retour avec l’opus Odyssey, dont l’action se déroule cette fois en Grèce. Exit l’Egypte, ses pyramides et ses crocodiles, Ubisoft Québec compte bien nous faire découvrir les richesses du pays de Platon et nous convertir à l’huile d’olives. Aux commandes de Kassandra ou d’Alexios, des mercenaires, le joueur va se retrouver en pleine guerre entre Sparte et Athènes. Sorti seulement un an après les aventures de Bayek, Ubisoft parvient-il à nous proposer un épisode digne de ce nom ?

Après une petite intro pour nous présenter Kassandra ou Alexios ainsi que l’île de Kephallonia, un rapide coup d’œil sur la carte fait de suite comprendre au joueur l’étendue de l’odyssée qui l’attend. En effet cette map, sans doute la plus vaste depuis le début de la série en 2007, invite le joueur à explorer les moindres recoins de la Grèce antique. Offrant de plus des paysages magnifiques à couper le souffle, ou encore une vaste galerie de personnages illustres de l’époque (Socrate, Périclès, Léonidas…), autant dire que le studio a mis les petits plats dans les grands pour cet épisode ! Avec de plus une histoire principale longue de près de 30 heures pour chaque personnage (même si assez peu de choses différent finalement entre les deux arcs narratifs) et une très grande quantité de quêtes secondaires, la durée de vie se révèle ainsi très conséquente. De plus, Ubisoft a parfaitement su intégrer des éléments mystiques et mythologiques à son aventure.

Mais la grande nouveauté de cet opus, c’est que désormais notre personnage aura des choix à faire, certains seront même très importants pour le déroulement de l’histoire principale. En effet selon la décision du joueur, certaines quêtes échoueront, disparaissant même du menu des missions. Ainsi, contrairement aux anciens Assassin’s Creed, la trame principale est amenée à évoluer selon vos choix, se rapprochant ainsi toujours plus du RPG pur et dur. Bon nombre de dialogues auront tout de même moins d’importance, et n’auront finalement effet que sur la perception des autres protagonistes à votre égard.


La séduction est aussi de la partie, puisque nos héros peuvent désormais passer des nuits pour le moins chaudes avec certains personnages que l’on rencontre ! À vous donc, les joies des orgies et même… des romances gays et lesbiennes ! Il ne faut en effet pas oublier que les Grecs avaient une manière de voir le sexe différemment qu’à notre époque, ne faisant pas de séparation entre un comportement sexuel ou un autre. Tout cela fait donc encore gagner davantage au jeu en crédibilité, rendant l’ensemble, sacrément immersif !

Immersion garantie également si vous choisissez le mode exploration en début de partie. Ce mode retire les marqueurs de quêtes et d’objectifs, forçant le joueur à explorer de fond en comble la carte pour s’y retrouver. Pour s’orienter, votre aigle (Ikaros) et les indications donnés par les PNJ seront en quelque sorte les uniques boussoles du jeu ! Un vrai plus qui, vous l’aurez compris, agrandit sacrément la durée de vie du titre. Les développeurs précisent d’ailleurs au lancement d’une nouvelle partie qu’Odyssey est conçu pour jouer de la sorte.

Durant votre aventure, des mercenaires n’auront de cesse de vous traquer, même s’il est possible de payer la prime pour que ces derniers vous laissent tranquille. Jusque 5 mercenaires peuvent être à vos trousses en même temps, se payant régulièrement le luxe de venir vous affronter (enfin plutôt d’apparaitre dans votre dos) alors que vous êtes déjà en plein combat ! Des combats qui ont d’ailleurs gagnés en complexité depuis Origins, jugé trop facile à ce niveau. Dans Odyssey les ennemis ont effectivement toujours un niveau équivalent au vôtre ou très proche, si ce n’est au-dessus de vous, histoire de proposer du challenge du début à la fin. Si dans Origins il était possible de réaliser des quêtes secondaires afin d’avoir quelques niveaux d’avance pour l’histoire principale, sachez qu’ici, la plupart de ces sous-missions ont tendance à évoluer de niveau afin de rester proche du vôtre.

Autant dire donc que si vous êtes repéré lors de l’infiltration d’une base ennemie, la fuite sera probablement votre meilleure option ! Il m’est en effet déjà arrivé de me retrouver face à une vingtaine de gardes et plusieurs mercenaires en même temps, dont certains accompagnés d’un lion ou d’un chien ! Rester discret sera ainsi le mot d’ordre, bien que l’IA soit assez inégale lors de ces phases. Tantôt en ne vous voyant pas à moins d’un mètre, tantôt en vous repérant on ne sait trop comment derrière un mur par exemple. D’autant que pour ne rien arranger, le placement des touches est perfectible, avec un lock d’ennemis et la caméra sur la même touche, ou encore la vision spéciale et l’appel de l’aigle, tous deux sur le haut du BMD.

Quelques bugs sont également de la partie, avec des soldats qui font parfois tout et n’importe quoi (monter et descendre d’une falaise en boucle) ou encore quelques bugs de collisions. Avec un monde aussi vaste, on repère également bon nombre de personnages clonés et quelques trajets en bateau un peu long qui ont tendance à casser le rythme. Car oui les batailles navales comme dans l’épisode Black Flag sont de retour, même si ces phases n’apportent pas grand-chose de neuf à l’ensemble. On notera la possibilité d’enrôler de nouveaux membres d’équipage, apportant quelque bonus au navire. Pour le reste, il conviendra comme d’habitude d’augmenter la résistance et les attaques de votre bateau, histoire de ne pas boire la tasse en 30 secondes à cause d’un navire plus puissant, commandé par un mercenaire ou des soldats.

Tuer des mercenaires vous fera gagner des échelons sur un classement, vous invitant ainsi à devenir le meilleur d’entre tous. De même, Assassin’s Creed Odyssey amène le joueur lui-même à traquer d’autres personnages, faisant partie d’un culte assez mystérieux. S’il est possible de tomber sur un de ces membres au hasard de vos pérégrinations, il conviendra la plupart du temps de trouver des indices sur les membres, cela pour les démasquer et connaitre leur localisation précise. Enfin, chaque région possède un dirigeant (Athénien ou Spartiate) que vous pouvez renverser à votre guise. Il est conseillé cependant de l’affaiblir le plus possible d’abord, cela en tuant ses soldats ou encore en brûlant du matériel de guerre. Il sera alors possible de le tuer directement ou encore de provoquer une bataille de conquête, qui ne sera pas avare en récompenses si le joueur vient à triompher !

Concernant le système de combat, celui-ci est une version amélioré d’Origins. Exit le bouclier en revanche, et bonjour aux compétences spécifiques, accessible avec LB. Ainsi il sera possible de rajouter du poison sur vos lames un cours moment, ou encore d’envoyer vos adversaires se fracasser la tête quelques mètres plus bas, cela grâce à un puissant coup de pied rappelant le film 300 ! Avec vos points de compétences (qui s’obtiennent notamment en gagnant un niveau), libre à vous de choisir de vous spécialiser comme chasseur, guerrier ou assassin. En résulte donc un héros un peu plus customisé de toutes pièces, s’adaptant à la manière de jouer de chacun. De même, le système d’équipement reste similaire à celui d’Origins, offrant cette fois 5 pièces d’équipements pour le corps, et changeant l’apparence de votre personnage. La possibilité d’équiper deux arcs (qui n’était pas particulièrement utile il faut bien le dire) disparait cette fois de votre inventaire. Enfin, le joueur à la possibilité de graver ses armes, gravures offrant des bonus divers sur les pièces de votre équipement.

Les phases de jeu dans le présent (en dehors de l’animus) sont toujours présentes, et on retrouve donc Layla Hassan, ancienne de chez Abstergo. Si ces séquences sont un peu plus intéressantes que dans les épisodes Syndicate et Unity, on en vient tout de même à se demander où la série nous emmène sur ce sujet. En effet, depuis la fin de l’époque avec Desmond, Ubisoft ne semble plus trop savoir dans quelle direction aller. En tous cas, c’est au moins l’occasion de se retrouver avec quelques easter eggs plus contemporains !

Mais nous ne pouvons décemment pas nous quitter sans évoquer l’univers du jeu, d’une très grande beauté. Avec des panoramas à couper le souffle, une direction artistique du tonnerre (de Zeus) une grande variété dans les environnements que l’on parcourt, et un souci du détail assez flagrant (que ce soit au niveau de la végétation, l’intérieur des maisons ou encore la modélisation de l’équipement) Odyssey assure le voyage et on en vient à admirer de longues minutes durant le paysage qui s’offre à nous.

Autant dire que le mode photo sera, en plus de votre fidèle monture et d’Ikaros, votre compagnon de route favori ! En bref, la Xbox One X et le 4K HDR font des merveilles avec une meilleure résolution d’images quez chez la concurrence consoles et davantage de pixels affichés à l’écran. À noter que les temps de chargement sont également plus courts sur la console de Microsoft. Des loading qui d’ailleurs ne sont pas très nombreux puisque l’on peut aller d’un bout à l’autre de la carte sans rencontrer le moindre chargement à l’horizon !

Si les yeux sont gâtés, vos oreilles vous remercieront aussi. Car la bande-son assure le divertissement, avec de très belles compositions, cela dès l’écran titre. Les bruitages ne sont pas en reste non plus, puisque Ubisoft est parvenu à rendre la Grèce antique très vivante et criante de réalisme. Que ce soit le bruit du vent ou de la mer, l’agitation de la foule au centre d’une Agora (lieu de rassemblement social, politique et mercantile) l’immersion est garantie, davantage encore au casque ou si vous êtes l’heureux possesseur du Dolby Atmos. Enfin sachez que la VF est de très bonne facture, et que la VO américaine se paie même le luxe de donner à ses personnages un accent Grec. Cliché ou pas ? À vous de juger !


Avec des mécaniques qui s’inspirent des derniers opus (quand il ne lorgne pas sur d’autres titres comme l’Ombre du Mordor) Assassin’s Creed Odyssey pourrait être désigné à première vue comme le mauvais élève feignant du fond de la salle. Erreur ! Car Odyssey est sans aucun doute l’épisode le plus aboutie de la série. Marchant certes dans les pas d’Origins, cette aventure, aux arcs narratifs soignés, se rapproche davantage encore du RPG, notamment grâce au choix des dialogues. Proposant un contenu dantesque, avec des missions secondaires extrêmement nombreuses et une galerie de personnages hauts en couleurs, le jeu ne faiblit surtout que par quelques bugs de collisions, une IA parfois capricieuse et un placement de touches perfectible. Pour le reste, vos yeux et vos oreilles resteront marqués un moment par ce voyage, qui, comme celui d’Ulysse, restera dans les mémoires.


Jeu testé sur XBOX One X à partir d’un review code fourni par Ubisoft France

Assassin's Creed Odyssey

69,99€
9

Graphismes

10.0/10

Son

9.0/10

Gameplay

8.0/10

Ambiance/Durée de vie

10.0/10

Rapport qualité/prix

9.0/10

Interêt des succès

8.0/10

Pour

  • Beau comme Apollon
  • Un contenu généreux avec une tonne de quêtes
  • Une bande-son de qualité
  • Bonne VF et excellente VO
  • Des personnages secondaires travaillés
  • Le système de compétences bien pensé
  • Les missions mythologiques parfaitement intégrées
  • Le choix des dialogues et des actions (romances)
  • Une sensation de liberté énorme
  • Un gameplay qui n’a plus rien à prouver…

Contre

  • …Mais qui n’évolue finalement pas tant que ça
  • Des problèmes d’IA
  • Quelques bugs de collisions
  • Plusieurs commandes sur les même touches
  • Certaines fins de quêtes trop rapidement expédiées
  • Des mini-quêtes jetables mais indispensables pour avoir le level requis
  • Les phases du présent ne semblent plus trop savoir où aller
  • Les mercenaires qui apparaissent comme par magie près du héros
   

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