Sonic Forces – Un retour en force ?



Alors que Sonic Mania a cartonné en ce mois d’Août 2017, c’est seulement quelques mois après que le hérisson bleu nous revient dans une nouvelle aventure, répondant au nom de Sonic Forces. Si son prédécesseur a su jouer avec raison la carte de la nostalgie avec ses graphismes 2D et son ambiance rétro emprunté à la Megadrive, Sonic Forces est quant à lui une aventure en 3D, dans la plus grande tradition des derniers opus. Mais parvient-il à enchanter autant les foules que ce fameux Mania ?

Après un écran d’intro assez simpliste, la Sonic Team nous place directement dans le contexte historique de cette aventure: le docteur Eggman, toujours pas lassé de ses multiples échecs, tente une nouvelle fois de prendre le contrôle du monde. Ni une ni deux, Sonic et ses amis foncent en découdre avec le méchant scientifique. Seulement cette fois les choses ne se passent pas comme prévues, Eggman (ou Robotnik pour les plus vieux d’entre nous) a semble t-il rassemblé les plus grands ennemis du hérisson pour en finir une bonne fois pour toute. Comme si cela ne suffisait pas, un nouveau bad guy fait son apparition : Infinite. Ce nouvel ennemi, puissant, semble capable d’influer sur l’espace temps lui-même et d’altérer la dimension de nos héros, cela grâce à une pierre, le rubis fantôme. Pour ceux qui ont pu jouer à Sonic Mania, ce sont les pierres qui étaient déjà au centre de l’histoire. Il semble donc que les deux jeux soient liés ou du moins forment une continuité. Si les fans apprécieront, ne vous attendez néanmoins à aucune autre explication tout au long de votre périple. C’est bien dommage car il y avait là les fondations pour une histoire qui aurait pu être parmi les meilleures de la saga.

Et c’est d’ailleurs ce qu’on reprochera le plus à ce Sonic : son histoire, totalement décousue. Quand bien même le DLC avec Shadow (gratuit) viendra tenter de faire la lumière sur les origines d’Infinite, les questions resteront nombreuses une fois le jeu terminé. Si vous souhaitez en savoir plus, il faudra vous tourner vers la BD gratuite, disponible sur internet. Hélas, elle n’est consultable qu’en anglais, ce qui pourra en refroidir certains. Il est également dommage qu’elle ne soit pas directement incluse dans le jeu, le contenu gravée sur la galette étant assez pauvre. L’aventure principale ne vous prendra en effet pas plus de 4 heures ! Les quelques missions annexes, qui se terminent parfois en moins d’une minute, sont anecdotiques et sont, elles aussi, très vite terminées. Le mode chrono étant bien entendu de la partie, vous pourrez donc à loisir améliorer vos différents temps de parcours. L’aspect scoring est très présent, puisque vous gagnerez des points en fonction du nombre d’anneaux ramassé, ou encore du nombre d’essais pour mener à bien chaque mission. L’ensemble des niveaux principaux et secondaires sont aisément accessibles via une carte du monde plutôt bien pensée.

Question graphisme, on ne peut pas dire que ce soit la folie. Si certaines zones sont très jolies et bien construites (Green Hill, Death Egg et sa course dans l’espace) le jeu souffre d’une technique assez faiblarde et surtout inégale dans son traitement. C’est bien simple, il n’y a, à mon sens, aucunes vraies cinématiques, celles-ci étant la plupart du temps réalisées via le moteur du jeu. Le résultat est donc forcément assez mitigé. Certaines scènes, à l’instar d’une grande bataille vers la fin de l’aventure, font même peine à voir, à tel point que l’on a l’impression d’être de retour en fin de vie de l’ère Xbox 360. Un comble à notre époque ! Heureusement, le jeu est fluide, les chargements sont rapides, et l’action, menée tambour battant, parvient à nous plonger quelque peu dans les différents stages. Stages qui s’enchainent très rapidement et dont la durée de vie dépasse rarement les 2 minutes avec un peu d’entrainement.

A aucun moment, même en difficile (je vous conseille d’ailleurs de jouer directement dans ce mode) ce Sonic ne vous posera problème. Les 30 stages, courts, se bouclent (trop) rapidement et la plupart des boss, hormis le final, sont d’une facilité déconcertante. L’absence de challenge se fait donc hélas très vite ressentir. Même en mourant plusieurs fois dans les niveaux, il sera facile de décrocher un rang S au tableau des scores. Les missions secondaires, comme celles de sauvetage sont très répétitives et vous demanderont régulièrement de revenir dans un niveau déjà terminé pour y sauver un ami prisonnier. On aurait évidemment préféré des missions inédites, uniquement dédiées à cette activité. À chaque fin de missions et lorsque vous accomplirez des défis, vous gagnerez des habits et équipements divers pour votre avatar.

Car oui la grande nouveauté dans cet opus, c’est que nous avons la possibilité de créer notre propre combattant de la liberté. Que vous souhaitiez créer un renard, un loup, ou encore un lapin, le choix en terme de personnalisation est assez complet jusque dans la couleur de peau ou encore les vêtements que vous porterez. Il sera également possible d’équiper une arme (offrant différents bonus) à votre avatar. Si j’avais vu ce principe d’un œil dubitatif lors des premières bandes annonces, je dois bien avouer que le concept est plutôt sympathique. Sonic n’étant pas jouable durant toute l’histoire (je ne vais pas vous spoiler vous comprendrez vite pourquoi en jouant par vous même) nous contrôlerons régulièrement cet avatar dans une bonne partie des différents levels. Il est dommage que les autres personnages récurrents de la saga soient assez effacés, à l’instar de Knuckles qui restera cloitré dans une base, communiquant presque uniquement avec vous par radio. On ne peut s’empêcher de penser à la grande époque des Sonic Adventure qui nous permettait de contrôler tout un tas de personnage phares.

Si le Sonic classique (déjà vu dans Sonic Générations) fait ici son retour en tant que personnage jouable, on regrettera son manque d’intérêt véritable. En effet le petit hérisson semble être davantage là pour faire plaisir aux fans que par véritable nécessité. Il est d’ailleurs introduit à l’aventure via une pirouette scénaristique qui laisse dubitatif. De même, la plupart des méchants (Chaos, Zavok, Metal Sonic…) donnent aussi l’impression d’être de simples figurants, qu’on a amenés là, dans le but d’appâter le chaland. Au final le jeu donne l’impression d’être un clin d’œil perpétuel à différentes aventures de Sonic, mais semble être dénué d’âme à proprement parler. De même, nous retrouvons les Wisps, de Sonic Colors qui sont ici présents sans que l’on comprenne vraiment pourquoi.

Les musiques, importantes dans les jeux Sonic, s’en sortent elles, avec les honneurs. Si certains morceaux seront vite oubliés tant ils ne correspondent pas toujours à l’ambiance des niveaux auxquels ils sont adjoints, la majorité des pistes sont de très bonnes factures. Jun Senoue rempile pour l’occasion et fait comme d’habitude des merveilles. Le son rock étant probablement ce qui colle le mieux à l’univers de Sonic moderne. Tyler Smith et Andy Bane du groupe Dangerkids, ont aussi fait du très bon travail en signant notamment le thème d’Infinite. Mention spéciale à Douglas Robb (Hoobastank) qui signe un thème principal qui restera dans les annales !  Il y a donc de grandes chances pour que même après avoir éteint la console, les musiques vous restent encore dans la tête ! Vous l’aurez compris c’est du très bon à ce niveau.

Il vous faudra bien cela pour vous motiver à recommencer un stage, ou un de ses passages pour la énième fois, la faute à une maniabilité totalement à revoir, notamment les sauts de Sonic. Si vous vous êtes déjà demandé à quoi ressemble un caillou qui saute vous pourriez bien avoir la réponse en jouant à ce Sonic Forces ! Cela est particulièrement visible lors des phases en 2D où il m’est arrivé régulièrement de mourir en voulant simplement sauter d’une plateforme à l’autre. Les sauts sont courts, quasi incontrôlables dans les airs, et l’on en vient à se demander si la réussite de certains passages n’est pas du à la chance plus qu’à autre chose. Dans les phases en 3D il est arrivé que mon personnage passe à travers un bumper où se retrouve projeté dans le décor de manière incompréhensible. La liberté de mouvements lors des niveaux en 3D est quasi nulle, puisque vous ne pourrez courir qu’en ligne droite. Le moindre écart à ce chemin prédéfini étant généralement impossible ou sanctionné par la mort. Si on peut toujours dasher sur les ennemis, on remarquera au passage que ceux-ci ne sont que des clones et n’ont donc absolument aucune diversité. Quelques vieux badniks feront bien leurs apparitions mais cela sera davantage du clin d’œil qu’autre chose. Si l’idée que votre avatar puisse utiliser des armes (par exemple une sorte de lance flammes) est séduisante, cela modifie fortement le gameplay et rappellera aux fans les armes du jeu Shadow The Hedgehog, qui à l’époque avait fortement divisé quand à l’intérêt de la chose. De plus, cela diminuera encore la difficulté du soft, puisque face à de telles armes, les ennemis tomberont comme des mouches, tout comme les boss qui verront leur barre de vie fondre comme neige au soleil. Sans compter qu’utiliser ce type d’attaques viendra clairement mettre un frein à la dynamique de l’action.


Force est de l’admettre, ce Sonic Forces avait un potentiel incroyable. Teasé depuis des mois comme étant le grand retour de sa mascotte, et développé durant 4 ans, Sega a su motiver ses fans et le jeu était attendu de pied ferme. La déception n’en est donc que plus grande. La Sonic Team semble ne pas apprendre de ses erreurs et continue de proposer des épisodes au gameplay vieillissant et dénués de réelles nouveautés. Les références aux anciennes productions sont légions mais donnent au jeu un arrière gout d’inachevé et un manque de personnalité certain. Désormais, après le succès de Sonic Mania, entièrement en 2D comme à l’époque de la Megadrive, et le semi-échec de ce Sonic Forces, plus moderne, il sera intéressant de voir dans quelle direction va s’orienter la firme au hérisson bleu.


 

Jeu testé par Ashen à partir d’un review code du jeu sur Xbox One fourni par l’éditeur

Sonic Forces

39,99€
Sonic Forces
61.666666666667

Graphismes

7/10

    Son

    8/10

      Gameplay

      6/10

        Durée de vie

        5/10

          Rapport qualité/prix

          5/10

            Interêt des succès

            6/10

              Pour

              • La possibilité de créer notre héros
              • Bonnes sensations de vitesse
              • La bande son
              • Quelques stages, agréables à la rétine
              • 60 FPS sur Xbox One

              Contre

              • La maniabilité imprécise
              • De la ligne droite et rien d’autre
              • Beaucoup trop court
              • Les mêmes soucis technique depuis une décennie
              • L’histoire, brouillonne et inachevée
                 

              One Response to Sonic Forces – Un retour en force ?

              1. Nightwolf dit :

                Excellent test, qui confirme cke je lis sur d’autres sites. Sega choisit la facilité hé ben jtrouve ça dommage car quand on est trentenaire comme moi on peut que pleurer quand on voit cke devient sonic!!!

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