TEST – Tides of Tomorrow – La nouvelle perle narrative des créateurs de Road 96
Le point commun entre 11-11 : Memories Retold et Road 96 ? Ce sont deux excellents jeux développés par DigixArt, le studio basé à Montpellier. Et aujourd’hui, les français sont de retour avec Tides of Tomorrow, publié par THQ Nordic. L’originalité du jeu ? C’est qu’il est à la fois solo et multijoueur, dans le sens où, chaque décision prise par un autre joueur modifie le monde, l’environnement et même le comportement des PNJ ! Le meilleur jeu narratif de ce début d’année 2026 ? On voit tout cela dans ce test !
Vous vous réveillez brutalement sous l’eau, manquant de vous noyer. Heureusement, une jeune femme vous porte secours et vous embarque sur son bateau. Elle vous explique que vous êtes un Tidewalkers, et que votre réveil pourrait bien changer les choses dans ce monde. Il faut dire que le monde en question est à l’agonie, avec moins de 300 000 personnes encore en vie ! La cause ? La pollution des terres et des mers par des tonnes de plastique. Ce matériau a tout envahi, au point où les organismes des êtres vivants sont eux aussi plein de plastiques, et où leurs corps en sont même transformés. Seul l’Ozen, un médicament miracle, parvient à maintenir en vie les derniers survivants. Seulement voilà, ce médicament est de plus en plus rare, et évidemment contrôlé en grande partie par des personnes ayant de mauvaises intentions. Votre mission, si vous l’acceptez, est donc de sauver le monde (oui rien que ça !) en accomplissant divers objectifs d’une plateforme flottante à l’autre. Puisque oui, les dernières habitations de l’humanité sont désormais des plateformes sur l’océan, divisées en plusieurs factions souvent ennemies. Un petit côté Waterworld donc, pour ceux ayant connu le film de 1995 avec Kevin Costner.
Jouable uniquement en solo, Tides of Tomorrow est cependant fort d’une mécanique multijoueur particulièrement originale. Au début du jeu, vous choisissez dans une liste un profil de joueurs ayant précédemment parcouru l’aventure. On s’aperçoit que ce joueur a différentes « statistiques » dans le sens où il est survivaliste, pro humanité, pro nature, fauteur de troubles, ou encore agent du chaos. Si vous décidez de suivre le chemin de ce joueur, alors vous ferez face aux conséquences de ses actes. Pour vous donner un exemple, cela signifie que vous pouvez être le bienvenu dans un lieu, ou au contraire y être interdit de séjour ! Les gardes et habitants se rappelant en quelque sorte les agissements du précédent joueur. Ainsi, nos propres actions influenceront elles aussi directement les prochains joueurs et le déroulement de leurs aventures ! De plus, vous avez la possibilité d’aider les futurs joueurs, par exemple en leur laissant de l’Ozen dans une caisse, ou tout simplement en donnant de l’argent à des marchands qui pourront alors renouveler les stocks pour la prochaine personne qui suivra vos traces. Une mécanique particulièrement originale, et véritablement très prenante, qui peut énormément modifier votre expérience de jeu. Car selon la personne que vous suivez, vous ne passez pas du tout par les mêmes endroits, et n’abordez pas une situation de la même manière. Parfois, vous ferez face à différents embranchements, et pourrez décider de suivre un autre joueur. Enfin, en appuyant sur la touche LT vous pourrez avoir des visions du passé, et observer les agissements des précédents Tidewalkers. Et parfois, ces indications seront utiles, indiquant par exemple la présence de passages secrets ! Libre à vous également d’utiliser différentes émotes, pour exprimer vos talents de danseurs ou ne serait-ce que pour saluer vos successeurs !
Une autre mécanique importante de Tides of Tomorrow, consiste à gérer votre stock d’Ozen, qui est tout simplement vital pour le personnage que l’on dirige. Car à chaque fois que vous changez de zones, vous perdez deux barres de votre jauge de santé. En sachant qu’utiliser une bouteille d’Ozen ne vous redonne qu’une barre de santé ! Il va donc falloir bien fouiller les zones, à la recherche du précieux médicaments mais aussi de ferrailles, qui est l’argent de ce monde. Avec, vous pourrez acheter des bouteilles d’Ozen à différents prix. Parfois, des décisions importantes seront vôtres, pouvant grandement jouer sur vos chances de survie ou sur celles d’autres PNJ, et surtout du monde ! Déciderez-vous de voler des caisses d’Ozen pour vous et une amie ? Ou prendrez-vous le risque de sacrifier une vie pour le bien de tous ? Déciderez-vous de mentir pour maximiser vos chances de survie, en sachant que ce mensonge peut nuire au prochain joueur ? Les décisions sont parfois lourdes de sens. On remarque cependant que, selon la personne que l’on suit, il est parfois difficile d’obtenir un autre résultat, continuant ainsi une boucle où certaines voies sont plus difficiles que d’autres. Cela est assez visible dans les dialogues, où la réussite se joue parfois à la phrase près. Cependant, cela donne une très bonne durée de vie au jeu, qui variera beaucoup d’un joueur à l’autre. Certains niveaux étant facultatifs, comme ces combats et événements en bateau (votre principal moyen de locomotion) sur l’océan. Comptez entre 10 et 15 heures pour une partie, et bien plus si vous souhaitez explorer l’ensemble des voies possibles.
En plus de ses qualités narratives indéniables, Tides of Tomorrow est fort joli, avec une direction artistique colorée et sortant un peu de l’ordinaire. L’univers du jeu est de plus mystérieux, intriguant, avec une ambiance assez prenante. Tout comme dans Road 96, les différents personnages sont marquants, avec un caractère propre et hauts en couleur. Cela quel que soit la faction visitée. Vous rencontrerez les Maraudeurs, qui contrôlent la distribution de médicaments et le commerce, les Ferrailleurs, qui se débrouillent pour survivre au quotidien, et les Mystiques, un groupe mystérieux qui vénère le passé et dont certains membres semblent avoir des pouvoirs étranges. Sachez que vous n’aurez jamais à vous battre tout au long du jeu, sauf sur la mer avec votre bateau. Car le héros ne dispose pas d’une arme pour venir à bout des ennemis. Il faudra donc parfois être furtif, vous cachant par exemple dans des casiers ou sous des meubles, pour ne pas être repéré par les gardes. Ces phases sont bien souvent assez faciles, tout comme les passages où il faut s’enfuir, où il est quasi impossible de mourir tant il suffit de suivre un chemin très simple quasi en ligne droite. Le cœur du jeu est essentiellement porté sur la narration, les dialogues avec les PNJ, la découverte des zones et les choix à faire. On reprochera tout de même un côté un peu scripté au jeu, puisque l’exploration est finalement assez minime, avec des chemins déjà tout tracés d’avance la plupart du temps. Les zones sont assez petites, et sorti de quelques passages dérobés, on se contentera finalement d’aller d’un point A à un point B. C’est encore plus visible lors des phases en bateau sur l’océan, qu’on aurait aimé pouvoir explorer davantage.
Côté OST, DigixArt fait encore une fois un sans-faute ou presque, apportant une assez grande variété musicale, avec du rock, du sludge, ou encore du dubstep. Quel que soit la musique, elle reste bien souvent dans la tête, et renforce l’immersion dans ce monde si particulier. Entièrement sous-titrés en français, les dialogues du jeu en anglais sont aussi de bonnes qualités, avec des doubleurs qui semblent investis dans leurs rôles. Sur le plan technique, on note quelques petits bugs (par exemple des personnages assis dans le vide à côté d’un banc) mais cela reste rare. Quelques temps de chargements entre les niveaux sont parfois un peu longuets, notamment le temps de voyage vers certaines plateformes sur l’océan. On aurait aussi aimé des sauvegardes automatiques un peu plus régulières car, si vous souhaitez recommencer un défi avant la fin (par exemple une course parce que vous voyez que vous allez la perdre) il faudra alors vous retaper une grande partie du niveau lorsque vous aurez chargé la dernière sauvegarde. Rien de bien méchant mais ce sont des petits détails qui pourraient améliorer encore d’un cran l’expérience.
Après un excellent Road 96, Tides of Tomorrow est sans conteste le jeu le plus ambitieux et le plus réussi des français de chez DigixArt. Son concept, basé sur les choix des joueurs qui influencent les parties des prochains joueurs, est unique en son genre, et justifie à lui seul l’achat du jeu si vous aimez les expériences narratives. Alors oui, on aurait apprécié un peu plus de libertés dans l’exploration, des zones encore plus vastes à fouiller, et un côté moins scripté parfois, notamment lors des courses poursuites ou de certaines actions. Mais ces petits défauts sont finalement assez anecdotiques, au regard des nombreuses qualités du jeu. Assurément le meilleur jeu narratif de ce début d’année 2026.
Conditions de test : Histoire terminée en 13 heures sur Xbox Series X à partir d’un code review fourni par THQ Nordic
Pour
Contre
|







Laisser un commentaire