Pankapu – Le gardien des rêves



Financé via Kickstarter et soutenu par Square Enix Collective, Pankapu est un jeu de plateforme indépendant, premier né d’un studio français, Too Kind Studio. Divisé en 2 épisodes, dont la première partie est sortie en septembre 2016, la dernière partie du jeu sort tout juste un an après, en septembre 2017. Le jeu se verra donc ici testé dans son intégralité.

Présenté sous la forme d’un conte pour enfant, le jeu nous raconte l’histoire de Pankapu, héros créé par le dieu des songes, dans le but d’éradiquer les hordes de monstres de la dimension des cauchemars. L’histoire, plutôt travaillée pour un jeu de ce genre, nous sera dévoilée tout au long de l’aventure, via notamment quelques flashbacks. Il est intéressant de noter que ces flashbacks sont avant tout centrés sur le monde de Jaha’rell, la personne qui nous raconte l’histoire. Les deux mondes auraient-ils un lien particulier ? Je vous laisse le soin de vous faire votre opinion sur le sujet !

Quoi qu’il en soit, Pankapu nous place dans un univers magique, féerique, qui d’emblée parvient à séduire par ses graphismes enchanteurs et ses musiques douces, composées en partie par Hiroki Kikuta (l’homme derrière l’OST de Secret Of Mana tout de même). On sent dés le départ, un hommage aux plateformers des années 90 et même à d’autres genres de jeu comme cette phase de Shoot ’em up qui viendra vous mettre dans la peau d’un vaisseau répondant au doux nom de « Chiikaruga » !

Mais attention derrière ce tableau idyllique, se cache un jeu qui mettra vos nerfs à rudes épreuves. En effet si la première partie du jeu semble dénuée de véritable challenge, ce n’est pas le cas de la seconde moitié du jeu qui vient sacrément corser l’affaire. Débutant avec trois points de vie, il vous sera possible d’agrandir cette réserve, en trouvant des collectibles disséminés dans les niveaux. Il en va de même pour votre barre de mana qui vous servira, quand à elle, à exécuter certaines attaques spéciales comme un lancer d’épée.

Tout au long du jeu vous pourrez ainsi acquérir de nouvelles capacités élémentaires pour vos armes ainsi que deux autres transformations pour votre personnage. Les protagonistes qui croiseront votre chemin vous donneront en effet la possibilité de vous transformer du simple guerrier à l’épée, en un archer aux flèches redoutables capable de faire un double saut. Viendra ensuite le mage, qui lui, sera capable de figer le temps, de se téléporter, ou encore de planer d’une plate forme à l’autre. Et c’est quand arrive cette dernière transformation que l’on cerne petit à petit les défauts de ce Pankapu.

Très exigeant lors de ses phases de plateforme, le jeu ne nous laisse que rarement le droit à l’erreur. Problème, le personnage est assez lourd, voir lent, il est donc parfois assez délicat de négocier certaines zones où le moindre contact avec un élément du décor viendra signer votre arrêt de mort. Avec son double saut et son esquive, on privilégiera donc l’archer au détriment des deux autres formes qui passeront vite aux oubliettes tant elles se révéleront soit trop lentes (le guerrier) soit trop imprécises dans ses déplacements (le mage). Parfois, le jeu vous oblige à utiliser uniquement une transformation en particulier lors de certaines phases.

Le problème, c’est que ces phases, en plus d’être souvent difficiles, seront tantôt empêtrées dans une caméra parfois totalement à l’ouest (qui vous poussera à avancer à l’aveugle) tantôt par une flopée d’ennemis qui déboulera d’un coup sans que l’on comprenne trop pourquoi. La précision quasi chirurgicale de certains passages de plateforme vous poussera à fuir jusqu’au prochain checkpoint et à délaisser les différents collectibles. Ceux là même, cachés de manière un peu feignante derrière des éléments du décor en premier plan. Éléments du décor qui, en plus d’être répétitifs, seront parfois placés de manière maladroite, venant gâcher la visibilité de votre personnage.

Les différents boss qui croiseront votre route, sont à l’image de la dernière partie du jeu, punitifs. Mention spéciale pour le boss final qui n’hésitera pas à vous bombarder de tirs dans tous les sens, ne vous laissant qu’une fenêtre d’action microscopique, tout en inversant vos directions !

La difficulté du soft et la construction de certains de ses niveaux, notamment celui de la mer d’étoiles m’ont parfois fait penser aux jeux de la série Megaman X. Il y a en effet longtemps que je n’avais pas rencontré autant de challenge sur un jeu 2D. La différence entre les deux, c’est que dans le monde du petit robot, celui-ci répond aux doigts et à l’œil, ce qui n’est hélas pas le cas de notre ami Pankapu. Trop souvent, j’ai ressenti une sensation d’injustice après une mort, parce que le personnage n’a pas sauté, est passé au travers d’une plateforme, ou que le switch entre deux transformations a mis trop de temps, me condamnant à une mort certaine malgré mon tapotage frénétique sur la manette.

Au chapitre des défauts on pourra aussi reprocher un manque de variétés dans les ennemis. En effet le bestiaire se compose pour la moitié de « blobs » gélatineux, très courant dans ce type de jeu. Cet ennemi se verra travesti de plusieurs manières, et avec des attaques différentes. Néanmoins, on a tout de même l’impression que les développeurs ont quelque peu manqué d’imagination à ce sujet.

A aucun moment dans l’aventure, vous n’aurez l’impression de gagner en puissance. Car quand bien même vous augmenterez votre jauge de cœur et votre mana au maximum, la plupart des monstres vous enlèveront régulièrement plus d’un tiers de votre barre de vie si ce n’est la moitié ! Niveau durée de vie, le jeu n’est pas bien long, comptez six ou sept heures pour en venir à bout (du moins si vos nerfs tiennent le coup !), un peu plus si vous avez le courage de retourner dans les niveaux pour obtenir les objets manquants.


Comme il est difficile de noter ce Pankapu ! Beau, prenant, exigeant (mais peut-être trop avec les moyens qui nous sont donnés), le jeu tente de s’offrir une véritable identité, tout en assumant totalement son hommage à des références de la plateforme. En résulte l’impression d’une expérience mitigée, incomplète, et surtout perfectible lorsque l’on doit recommencer un passage pour la énième fois à cause d’un bug. Néanmoins, pour le prix, l’aventure vaut le coup, ne serait-ce que pour encourager nos frenchies dans leur prochain projet, qui, à n’en pas douter, saura gommer ses défauts de jeunesse.


Jeu testé par Ashen à partir d’un review code sur Xbox One fourni par l’éditeur

Pankapu

11,99€
Pankapu
70

Graphismes

8/10

    Son

    8/10

      Gameplay

      6/10

        Durée de vie

        6/10

          Rapport qualité/prix

          8/10

            Interêt des succès

            6/10

              Pour

              • Univers mignon et poétique
              • La bande son
              • Les clins d'œil à d'autres jeux
              • Une histoire qui se laisse suivre

              Contre

              • La redondance de certains décors
              • La difficulté vraiment mal dosée
              • Un bestiaire pas assez varié
                 

              One Response to Pankapu – Le gardien des rêves

              1. Nightwolf dit :

                J’connaissais pas ce ptit jeu sympa merci jvais l’acheter il me donne bien envie !

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