TEST – Phantom Trigger – Un jeu d’action sympathique mais exigeant



Développé par Bread Team et édité par TinyBuild, Phantom Trigger semble vouloir se démarquer, ne serait-ce que dans sa classification. Pour le studio, le jeu est en effet considéré comme un « Hardcore Neon Slasher ». À vos souhaits ! Blague à part, on ne peut dès les premières minutes du jeu, s’empêcher de penser à un certain Hyper Light Drifter, tant l’angle de caméra et le graphique rétro semble similaires. Mais alors, tenons-nous là un titre bien original dans les mains ? Et surtout, tenons-nous là un bon jeu d’action ? Je vais tenter de répondre ici à ces questions.

L’histoire du jeu, bien que pas forcément des plus originales, a le mérite de captiver dès le début de la partie. Nous suivons un homme du nom de Stan qui d’un coup d’un seul tombe dans les pommes, près de sa femme dans la cuisine. Et voilà que sans crier gare, le joueur se retrouve sur un bateau dans une autre dimension, voyageant sur un fleuve infernal tel Dante naviguant sur le Styx. Accueilli par des personnages étranges, le héros comprend bien vite qu’il doit purger plusieurs mondes du mal qui semble y régner. Pourquoi ? Hé bien pour le savoir il faudra s’en remettre à ces séquences style VHS, qui viennent de temps à autre nous mettre dans la peau d’un Stan, malade, dans le monde normal. Les deux mondes sont évidemment liés et vos actions dans l’autre dimension semblent avoir un impact sur la vie de Stan puisque quatre fins sont possibles. Ceci dit il est assez complexe de savoir ce qui influence véritablement sur la fin du jeu. En effet peu d’indices sont laissés au joueur à ce sujet. Pour ma part, même en ayant retourné les niveaux de fond en comble et en ayant (du moins me semble-t-il) collecté l’intégralité des objets cachés, je n’ai pas eu une bonne fin. D’autant qu’il est difficile de comprendre à quoi servent véritablement les objets que l’on ramasse (exemple les épices pour le lapin). Sans doute un peu plus de clarté à ce sujet n’aurait-il donc pas été de trop.

Il n’est pas possible de choisir l’ordre des niveaux et l’on doit donc se contenter des directives fournies par le PNJ du moment. Si l’on peut admettre cet état de fait, il est en revanche plus difficile de passer l’éponge sur le déroulement même de ces différents niveaux. Car, soyons honnête, les zones se ressemblent énormément, d’autant que l’objectif reste toujours le même : tuer les ennemis et le boss, et recommencer dans la zone suivante. De temps en temps des mécanismes viendront vous barrer le chemin mais ces derniers sont identiques tout au long de l’aventure, tout comme peuvent l’être les ennemis. Le bestiaire n’est en effet pas particulièrement varié et l’on retrouvera donc les même ennemis du début à la fin, parfois simplement avec un skin ou des attaques légèrement différentes. Les déplacements des ennemis sont assez particuliers : ils essayent de vous taper pour mieux s’éloigner la seconde d’après. Nos coups sont alors souvent trop courts pour en venir à bout rapidement, d’autant qu’il conviendra régulièrement de martyriser la touche d’esquive pour éviter une pluie d’attaque en parallèle ! Un gameplay assez perfectible donc.

Si Phantom Trigger est donc un jeu très répétitif, il se paie en plus le luxe d’être assez difficile ! Votre barre de vie (que vous ne pourrez jamais augmenté) diminue très rapidement au moindre coup d’un monstre, rendant certains passages extrêmement difficiles, notamment lorsque vous tomberez dans des pièges où il faudra tuer tout le monde avant de pouvoir en sortir. Imaginez-vous en effet dans une toute petite zone entourée de flammes, avec une dizaine d’ennemis sur le dos, qui peuvent parfois devenir invincibles quelques secondes… De quoi faire des crises de nerfs, surtout lorsque tous les ennemis du level ou presque respawn après votre mort ! Bien que des points de contrôle soient placés assez régulièrement dans le jeu, l’aventure n’en devient pas plus facile pour autant, et même en mode normal, les morts seront nombreuses et régulières. Les boss sont de plus assez délicats à tuer, car leurs mouvements ne sont pas toujours évidents à cerner, d’autant qu’il faudra la plupart du temps les tuer via une mécanique de puzzle, et non simplement en tapant dessus. Sachez que lorsque vous terminerez l’aventure principale, vous débloquerez un mode arène. Dans ce mode, vous pourrez donc castagner des ennemis toujours plus nombreux et plus forts, du moins si cela ne vous a pas lassé en mode histoire. Signalons la présence d’un mode coopératif, qui ne rend pas le jeu plus simple loin de là, car les deux personnages partagent alors la même barre de vie !

Il parait évident que cette difficulté légèrement abusive, est en partie présente pour agrandir la durée de vie du jeu. Il ne vous faudra en effet pas plus de 5 ou 6 heures pour savoir le fin mot de l’histoire, du moins si vous ne mourrez pas trop souvent. Pour vous aider à survivre dans cet enfer de pixel, 3 armes sont à votre disposition. Une épée de glace, un poing de feu et un genre de fouet. Si le fouet sert essentiellement à attirer les ennemis à nous et à agir sur quelques mécanismes, les deux autres armes sont bien plus offensives. Évidemment les ennemis de glace seront plus sensibles au feu et vice-versa. Vous débloquerez également des combos mais ces derniers ne sont pas toujours évidents à placer. De plus, la majorité d’entre eux ne sont ni plus ni moins que des variantes du même mouvement ce qui donne là encore un sentiment de répétitivité au jeu. À chaque fois que vous donnez un coup, un petit son se fait entendre, ressemblant fortement au son d’une guitare électrique. Si pour ma part cela ne m’a pas gêné, certains pourront peut-être trouver cela irritant à la longue.

Question bande-son, si certaines compositions sont sympathiques, comme celle de l’écran titre ou des boss, vous serez malheureusement tentés de mettre le son en mute lors de votre progression. C’est en effet la même musique du début à la fin que vous entendrez, et cela dans tous les niveaux du jeu. Ce qui est dommage c’est que cette musique n’est pas désagréable mais on aurait aimé tout de même un peu plus de diversité. En revanche on ne peut que saluer la direction artistique du jeu, qui, même si elle n’invente rien, parvient à charmer les amateurs de rétro et d’ambiance néon en tous genres. Certains personnages sont assez classes, de même que le héros assez badass. Bien que les couloirs des niveaux se ressemblent énormément, chaque zone à une personnalité propre grâce notamment à d’astucieux jeux de lumières qui viennent sublimer le travail d’ambiance réalisés dans les différents niveaux.


Loin d’être un désastre, Phantom Trigger est un jeu difficilement accessible, qui parlera sans doute davantage aux amateurs de jeu hardcore et aux amoureux des pixels. Fort d’un univers rétro et d’une ambiance néon, le titre de Bread Team pêche essentiellement par un manque d’originalité et surtout d’une trop grande répétitivité qui finit par peser lourd sur la balance. Les éléments RPG promis sont bien minces et l’on se contente donc d’affronter les mêmes ennemis ou presque du début à la fin. À jouer par petites sessions donc, histoire de ne pas péter un plomb comme ce pauvre Stan !


Test réalisé par Ashen à partir d’un review code sur Xbox One fourni par l’éditeur Tinybuild

Phantom Trigger

14,99€
Phantom Trigger
6.8

Graphismes

8.0 /10

Son

7.0 /10

Gameplay

6.0 /10

Durée de vie

6.0 /10

Rapport qualité/prix

7.0 /10

Interêt des succès

7.0 /10

Pour

  • L’ambiance néon du titre
  • De jolis graphismes rétro
  • Quelques compositions musicales agréables
  • Certains personnages qui sortent du lot
  • L’intégration d’un mode co-op
  • Certains passages sympas notamment dans l’histoire
  • Jeu entièrement en français

Contre

  • Beaucoup trop répétitif
  • Level design assez moyen
  • Pas très accessible à cause de la difficulté
  • La même musique dans tous les niveaux
  • Quasiment les mêmes ennemis du début à la fin
  • Le côté RPG pas assez développé
  • Difficile de comprendre comment débloquer les fins
   

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