TEST – Yoku’s Island Express – L’heureux mariage du Metroidvania et du jeu de flipper ?



Sorte de mélange improbable entre le jeu d’action-aventure et le jeu de flipper, Yoku’s Island Express débarque sur nos Xbox chéries en ce mois de Juin 2018. Développé par les Suédois de chez Villa Gorilla et édité par Team17, le titre nous place dans la peau d’un bousier (un insecte) qui débarque malgré lui sur une ile où la plupart des habitants semblent avoir de gros problèmes. D’ailleurs, l’ile elle-même semble menacer. Alors, prêt à rendre service ? C’est bien ! Mais laissez-moi d’abord vous servir de guide avec ce test !

À peine arrivé (ou plutôt échoué) sur l’ile, un Ptérodactyle postier (oui ce n’est pas banal), semble vous confondre avec la nouvelle recrue tant attendue. Ni une ni deux il vous laisse le soin d’apporter 3 missives importantes pour les barons du coin !  Comme Yoku aime se rendre utile, il accepte la mission. Seulement voilà, chemin faisant il s’aperçoit que bien des choses ne tournent pas rond sur l’île et que son aide sera très utile pour améliorer la situation. Mais l’île est étrangement construite, car des flippers sont placés un peu partout rendant la progression impossible pour certains habitants. Heureusement, Yoku peut compter sur une sphère qu’il se trimballe partout avec lui (vu que c’est un bousier je vous laisse deviner la nature exacte de cette sphère !) qui lui servira en réalité de bille comme dans un vrai flipper. On le remarque très vite, le titre de Villa Gorilla est assez original, que ce soit dans son gameplay ou dans sa mise en scène. Empruntant ici et là des éléments au style que l’on nomme « Metroidvania », le jeu fait la part belle à la recherche et à l’exploration. De plus, à l’instar d’un Super Mario Odyssey, on ne sait pas si l’on suit forcément le chemin de la quête principale ou non, les objectifs secondaires se mêlant parfaitement à l’histoire.

Du début à la fin de l’aventure, le level design est très bon, si ce n’est exemplaire. Yoku’s Island Express, intègre en effet de véritables tableaux de flippers en pleine phases d’exploration ou de quêtes. Il n’est donc pas rare de passer de long moment à essayer de récolter le plus de bonus possible (sous la forme de fruits qui sert aussi de monnaie dans le jeu) et de mettre de côté durant un petit moment la suite de l’histoire ! Les contrôles des flippers sont de plus très bien pensés. Ces derniers sont de deux couleurs différentes et fonctionnent avec les deux gâchettes LT et RT de la manette. Une gâchette pour le flipper gauche de couleur bleu, une gâchette pour le flipper droit de couleur jaune. Impossible de se tromper. Ainsi, Yoku’s Island se veut donc très accessible, même pour les néophytes du genre ! Si le fameux TILT est hélas aux abonnés absents, Yoku à la possibilité de se déplacer librement dans ces zones de pinball. Pratique pour corriger des trajectoires qui ne sont pas toujours évidentes à prendre et qui demande mine de rien un minimum de dextérité et de patience.

Comme dans un Castlevania de Koji Igarashi, votre héros ne pourra pas accéder à toutes les zones du monde dès le départ. Il devra au préalable, ramasser ou acheter quelques améliorations et capacités qui lui permettront par exemple de nager, de détruire des objets avec un sifflet, ou encore… de tenir une boule de suie en laisse ! (oui le même genre de boule que dans dans Le Voyage De Chihiro d’Hayao Miyazaki). Il faudra également veiller à avoir constamment sur soi le plus possible de fruits, car ces derniers vous serviront à débloquer des flippers autrement inaccessibles. Mais ne vous inquiétez pas, les fruits sont présents en très grand nombre dans le jeu, se payant même le luxe de revenir dans d’anciennes tables de flippers. L’aventure, qui se destine aux petits et grands, n’est donc pas particulièrement difficile à terminer. Il faudra tout de même réfléchir quelque peu sur le chemin à emprunter ou sur l’ordre des choses à faire. Mais rien d’insurmontable loin de là. De plus, sachez que la fin n’est pas forcément celle que l’on croit et qu’il sera indispensable de réaliser les 100% dans le jeu pour connaitre la véritable conclusion de cette épopée !


Sur votre route vous croiserez bon nombre de personnages (essentiellement des animaux) tous très atypiques et bien souvent charismatiques (enfin à leur manière !). Ces protagonistes vous donneront le plus souvent des quêtes, mais vous permettront aussi d’acheter des objets, comme par exemple un portefeuille plus grand (pour augmenter le nombre maximum de fruits que l’on peut transporter) ou encore une carte au trésor très utile pour dénicher les coffres et donc pour les 100%. La carte de l’île est d’ailleurs assez vaste et le jeu regorge de zones cachées et de salles bonus. Par la suite, un système de canon à abeilles (!) vous permet de rejoindre des parties très éloignées de l’île. Un système que l’on apprécie énormément car les allers et retours sont assez nombreux dans Yoku’s Island Express, peut-être même un peu trop. Hormis ce point noir, force est d’admettre que les qualités ne manquent pas d’un bout à l’autre de l’aventure. Les décors sont soignés et chaque région a vraiment du charme et une identité propre. Les musiques, bien qu’assez passe-partout, collent souvent bien au lieu que l’on visite et assurent l’ambiance.


Bien qu’il soit impossible de faire un game over dans Yoku’s Island Express, cela ne veut pas dire pour autant que le jeu comporte zéro challenge. Ainsi vous serez de temps en temps face à des boss, qui demanderont un peu plus de réflexes et de doigté. Ces boss, qui sont au centre de tables de flippers plutôt bien construites, donneront l’impression aux plus vieux d’entre nous de revenir à l’époque d’un certain Sonic Spinball. Ce sera également l’occasion de contrôler plusieurs billes à la fois, ce qui est assez grisant ! Il n’est en revanche pas bien long d’arriver aux crédits de fin si vous ne suivez que l’objectif principal. À titre d’exemple je n’ai mis que 6 heures environ pour y parvenir. Une durée de vie un peu juste donc mais qui se rallonge de quelques heures pour qui désire tout compléter. Si la liberté de mouvement est immense dès le départ de notre périple, c’est aussi hélas le second gros défaut du jeu. En effet lorsqu’on découvre pour la première fois l’île, on peut emprunter plusieurs chemins, dont la plupart ne mèneront qu’à des culs-de-sac ce qui assez agaçant. Je vous conseille donc de tenter de suivre le plus possible la trame principale avant tout le reste, car la plupart des capacités de notre héros ne se débloqueront qu’à proximité des barons que l’on doit rencontrer.


N’y allons pas par quatre chemins, Yoku’s Island Express est une très bonne surprise comme on aimerait en voir davantage. Vous adorez les jeux style Metroidvania ? Vous êtes en manque d’un bon petit jeu de flipper à l’ancienne ? Hé bien ne cherchez plus, Yoku’s Island Express propose un parfait mélange de ces genres pour notre plus grand plaisir. Avec un concept novateur, ce premier jeu de Villa Gorilla parvient à apporter un doux parfum de renouveau sur la scène du jeu indépendant. À tel point que l’on ne serait pas contre quelques heures de jeu supplémentaire une fois l’aventure bouclée. On ne peut donc que souhaiter une bonne continuation à l’équipe, et espérer un prochain titre du même acabit !


Jeu testé par Ashen à partir d’un review code Xbox One fourni par l’éditeur Team17

Yoku's Island Express

19,99€
Yoku's Island Express
8.5

Graphismes

9.0 /10

Son

9.0 /10

Gameplay

9.0 /10

Durée de vie

7.0 /10

Rapport qualité/prix

8.0 /10

Interêt des succès

9.0 /10

Pour

  • Un concept original qui mélange plusieurs genres de jeux
  • Un level design de qualité
  • Des graphismes soignés
  • Une belle galerie de personnages secondaires
  • La musique et les effets sonores qui collent parfaitement à l’action

Contre

  • Trop d’allers et retours
  • Une progression compliquée en début de partie
  • Durée de vie un peu juste
  • L’absence d’une fonction TILT, grand classique du flipper
   

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