TEST – Rivage – Dans l’espace, personne ne vous entend boucler !



TEST Rivage XWFR

Le vide intersidéral au cinéma comme dans le jeu vidéo est souvent synonyme d’angoisse, de monstres tapis dans l’ombre ou de survie nerveuse. Avec Rivage, premier né des développeurs montréalais d’Exnilo Studio, le projet prend le contre-pied total de ces clichés. Édité par Raw Fury, ce titre en vue subjective nous invite à une introspection calme, cérébrale et profondément mélancolique au cœur des étoiles. Et parait-il même qu’il y a des airs de Outer Wilds ? Il ne nous en fallait pas plus pour piquer notre curiosité ! Voici notre avis.

L’aventure nous propulse au XXVe siècle, alors que l’humanité tente de s’installer autour de la planète VESTA. On y incarne Miranda, la psychologue de la station scientifique A.R.E.S.. Le réveil est brutal : l’équipage a mystérieusement disparu, les coursives sont désertes, et une anomalie spatio-temporelle semble avoir figé la structure dans une boucle infinie. Pour comprendre ce qu’il se passe vraiment, le joueur doit fouiller des bureaux, pirater des terminaux informatiques, et interagir avec diverses machines. À peine le jeu commencé, on remarque de suite que la narration est de haute volée, le tout dans un anglais impeccable et sous-titrés en français. À noter que les pages de textes sont-elles entièrement en français. La plupart du temps, l’histoire se dévoile via des enregistrements ou encore des mails sur ordinateurs. Pas de mise en scène grandiloquente donc, et le joueur est libre d’explorer la station, du moins s’il parvient à résoudre les puzzles et énigmes qui se dressent sur son chemin.

La grande originalité de Rivage repose sur sa mécanique de progression. La station manque cruellement de courant. Chaque action majeure – ouvrir une porte blindée, activer une console hydraulique – consomme une charge de votre jauge d’énergie globale. Lorsque les batteries tombent à plat, la panne de courant est inévitable, la lumière se coupe, et Miranda doit relancer un cycle temporel depuis… une borne d’arcade ! Une fois la boucle relancée, on constate que certains objets sont gardés, et que les mots de passe toujours enregistrés. Mais pour éviter les boucles inutiles, on prend le temps d’observer, d’agir intelligemment, et de mémoriser la disposition des niveaux ou l’ordre des choses à faire. Mais vous n’êtes pas tout à fait seul ! Car grâce à l’assistant technologique K9, vous conservez automatiquement les schémas, les photos et les codes d’accès découverts lors des runs précédents, évitant au joueur de trop répéter les actions. Les énigmes s’imbriquent plutôt bien dans l’environnement de la station spatiale. Réaligner des flux magnétiques, jouer avec la gravité artificielle, organiser une carte spatiale, ou manipuler des lignes temporelles locales pour dégager une issue ou tout simplement changer des batteries, voilà quelques actions que vous aurez à effectuer. Certaines énigmes sont cependant plus difficiles que d’autres, et parfois même un peu frustrantes car avec très peu d’indications ou d’indices.

Un autre petit point négatif, c’est que Miranda ne peut porter que quelques objets simultanément. Un choix d’ergonomie discutable qui peut générer des allers-retours pour rien et casse un peu le rythme du jeu. Heureusement, il est possible de prendre en photo des objets pour s’en servir autrement et avoir des pense-bêtes sous la main. Coté maniabilité, si l’héroïne répond aux doigts et à l’œil, on voit de suite que la prise en main est pensée initialement pour le combo clavier/souris. Sur console, l’ergonomie est donc perfectible, notamment lorsqu’on doit écrire au clavier sur un ordinateur ou tout simplement pour s’y retrouver dans les différents menus d’inventaire.

Visuellement, Rivage mise sur une superbe direction artistique et de très jolis graphismes. Les jeux de lumière dans la pénombre, couplés aux reflets de la planète qui baigne la station de reflets lumineux, offrent des panoramas contemplatifs magnifiques. L’immersion est renforcée par un sound design minimaliste mais réussi, composé de petits bruits (notamment métalliques) et de compositions musicales discrètes qui renforcent le sentiment de solitude dans la station. Question durée de vie, attendez-vous à environ 12 à 15 heures de jeu. Surtout que l’aventure dissimule également des quêtes annexes plus corsées, à l’image de sept cartes de tarot mystérieuses à dénicher aux quatre coins des coursives, sans compter quelques succès qui demandent de réaliser des actions plus précises et que l’on peut parfois louper lors de nos premiers passages.


Rivage est une chouette surprise pour qui aime les jeux de science-fiction et les énigmes à résoudre. En évitant les clichés du genre (comme l’adrénaline et la peur) contre la réflexion pure et l’exploration, Exnilo Studio nous délivre une très bonne surprise. Surtout que c’est ici le premier jeu du studio. Hormis une ergonomie parfois laborieuse à la manette, et un inventaire que l’on aurait aimé plus large, on plonge avec plaisir dans le jeu. Alors si vous aimez les enquêtes narratives, les puzzles et l’ambiance spatiale, n’hésitez pas à vous lancer dans cette aventure !


Test réalisé sur XBOX Series X à partir d’un code review fourni par l’éditeur Raw Fury

Pour

  • Une narration captivante dès le début du jeu
  • Le concept de la boucle temporelle pour parvenir à progresser
  • Bonne durée de vie et quelques secrets à trouver
  • Textes et menus en français et dialogues sous-titrés de qualité
  • Très belle direction artistique et jolis graphismes
  • Bande-son minimaliste mais pertinente
  • Des énigmes parfois originales et bien pensées…

Contre

  • …mais d’autres plus frustrantes avec peu d’explications ou d’indices
  • Un inventaire trop restreint qui peut conduire à des allers-retours
  • Maniabilité à la manette perfectible

ACHETER SUR LE XBOX STORE

   

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.