TEST – Isle of Reveries – Le digne héritier de Link’s Awakening ?
Avez-vous connu Game Boy et Game Boy Color ? Énormes succès de Nintendo à l’époque, ces machines ont accueilli des titres légendaires comme The Legend of Zelda: Link’s Awakening. Vous êtes nostalgique de cette aventure de Link malgré le remake récent ? Eh bien, bonne nouvelle, car voilà qu’en 2026, le développeur desertcucco débarque avec un jeu s’en inspirant fortement ! En effet, Isle of Reveries a totalement l’allure d’un jeu Game Boy Color et d’un Zelda-like, tant dans ses graphismes que sa bande-son ou encore son gameplay. Un soft digne d’intérêt ? On voit cela ensemble dans ce test ! Petite précision : nous éviterons (comme souvent) les captures d’écrans trop avancées dans le jeu afin de ne pas spoiler sur les objets et niveaux.
Vous incarnez un hibou du nom de Lief, qui décide de voyager vers l’Île des Rêveries, un lieu légendaire où, paraît-il, n’importe quel vœu peut être exaucé. Hélas, il y a une contrepartie à cela, et pas des moindres : se rendre sur cette île signifie y être coincé pour toujours ! Mais le vœu de Lief est si important et cher à ses yeux qu’il décide tout de même de prendre le risque. Seulement voilà, arrivé sur les lieux, il constate que les habitants ont de gros problèmes avec des monstres. N’écoutant que son courage, il va tenter de sauver ces personnages anthropomorphes en débarrassant l’île de cette menace. Rien que par son histoire, Isle of Reveries fait déjà beaucoup penser à Link’s Awakening, qui plaçait son personnage face à des hordes de créatures sur une île qui avait aussi un rapport avec le rêve. Et les points communs ne s’arrêtent pas là : plusieurs biomes variés, 7 donjons à parcourir (et dans le même style), une carte qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle des Zelda portables, des clés à trouver pour progresser, des énigmes, le tout épée à la main, et même un gant pour soulever des objets lourds et une fée pour nous accompagner ! Sans oublier les statues de hiboux pour sauvegarder ou encore les buissons à couper avec des cœurs cachés dedans. Oui, l’inspiration est assez forte. Mais est-ce qu’on va s’en plaindre ? Pas du tout, surtout que dans l’ensemble, la qualité est au rendez-vous.
S’inspirant totalement de ce que l’on pouvait trouver à l’époque sur Game Boy Color, Isle of Reveries fait la part belle aux graphismes et à la technique rétro, au point qu’on a vraiment l’impression de jouer à un jeu de cette console. On retrouve le même genre de transitions lors des changements d’écran, le même type de couleurs utilisé, et une bande-son 8-bits, qui n’aurait pas non plus dénoté dans les années 90. On s’y croirait et, franchement, pour qui est nostalgique de cette époque, on est tout de suite sous le charme ! En plus de l’épée, divers objets et compétences seront vôtres tout au long de l’aventure. À commencer par une lanterne, qui permet de mettre le feu à des objets ou à des monstres, et surtout d’allumer des feux pour progresser. Mais le pouvoir le plus utile et original sera celui de pouvoir cloner des objets grâce à une fée qui vous accompagnera assez rapidement dans l’histoire. Vous ne comprenez pas comment atteindre un interrupteur au loin ? Essayez de cloner une statue qui tire des flèches pour voir. Il manque un brasero pour ouvrir une porte ? Tentons de dupliquer celui d’une salle précédente ! Dès le premier donjon, le jeu met donc notre cerveau à rude épreuve, avec des puzzles où il faut déjà bien réfléchir. On prend donc l’habitude d’étudier les objets autour de nous, des fois qu’ils seraient utiles plus tard.
Comme dans Zelda, le monde extérieur en dehors des donjons est assez vaste, et surtout un peu labyrinthique. On trouve des routes dans tous les sens, des grottes, des quêtes secondaires, des secrets, des raccourcis et bien d’autres choses encore. Hélas, on finit par s’y perdre un peu, surtout que la carte principale n’est pas des plus utiles et s’avère même un peu vague. Comme à l’ancienne, on finira donc par apprendre les chemins par cœur, tant le nombre de routes bloquées s’accumule au début du jeu. C’est parfois un peu frustrant, et la lassitude peut gagner certains joueurs qui ont moins de patience (et de temps, comme beaucoup de gamers adultes qui ont une vie bien remplie !). Heureusement, à côté de cela, le développeur a beaucoup travaillé sur la maniabilité du personnage et sur l’ergonomie en général. Les menus à l’ancienne comme sur Game Boy sont lisibles et bien pensés, et Lief est un personnage maniable que l’on prend plaisir à contrôler. De base, le hibou peut sauter au-dessus des trous (pas besoin de plume comme dans Zelda donc) et on peut lui équiper différentes armes et capacités en quelques clics via le menu. Simple, précis et efficace.
Au niveau de la difficulté, Isle of Reveries propose un peu de challenge mais reste malgré tout accessible. La plupart des ennemis de base se tuent assez facilement lorsqu’on les prend un par un. La difficulté viendra donc surtout des boss et de passages un peu plus difficiles, comme ces zones avec du poison qui diminuent rapidement nos cœurs de vie. Concernant la durée de vie, attendez-vous à au moins 15 à 20 heures pour en voir le bout (avec quelques décisions importantes qui peuvent avoir de l’impact), du moins si vous ne vous perdez pas trop en route. Si c’est le cas, vous pourrez alors admirer les différents biomes du jeu, ses environnements et ses décors, qui sont vraiment réussis. Pluie, brouillard, vent, variété des zones, jolis sprites et textures : le jeu impressionne sur ce point. Si les musiques sont dans le même ton que dans les années 90 (comme dit plus haut) on regrette parfois la répétitivité de certains thèmes, comme la musique du premier donjon (j’ai d’ailleurs fini par couper le son, car cela m’empêchait de réfléchir !). Certaines musiques sont cependant très sympathiques. Carton rouge en revanche pour l’absence totale de français, alors que le jeu est pourtant très bavard. Seul l’anglais est proposé, et cela empêche le joueur de se plonger totalement dans l’histoire ou de bien comprendre les quelques notes d’humour, voire certaines mécaniques si on fait l’erreur de passer le texte. Un mot enfin sur le système de construction/rénovation de bâtiments bien sympathique, qui permet aux joueurs de créer divers bâtiments grâce à des matériaux que l’on ramasse en cours de route ou que l’on peut acheter à une boutique. Un petit plus bien cool qui augmente la durée de vie pour qui veut tout construire.
En conclusion, Isle of Reveries est un vibrant hommage à l’époque Game Boy Color et un très bon Zelda-like. Avec sa direction artistique rétro particulièrement soignée, sa maniabilité exemplaire et ses énigmes ingénieuses basées sur le clonage d’objets, le titre de desertcucco a de quoi séduire les joueurs nostalgiques en quête de challenge. On regrettera cependant une carte du monde un peu trop vague qui peut mener à une certaine frustration (et donc de nombreux allers-retour), ainsi que l’absence de traduction française dans un jeu aussi bavard. Malgré ces quelques ombres au tableau, l’aventure reste généreuse, avec sa quinzaine d’heures de jeu et sa qualité globale indéniable. Si l’anglais ne vous fait pas peur et si vous êtes nostalgique des Zelda retro, alors laissez-vous embarquer sans hésiter sur l’Île des Rêveries.
Test réalisé sur XBOX Series X à partir d’un code review fourni par l’éditeur Electric Airship
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